Historique

La SEMRY a été créée par le décret N° 71/DF/74 du 24 février 1971. Elle est placée sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural.

En ce qui concerne son implantation géographique, la SEMRY dispose de deux sites. La Direction Générale et une unité de production installées à Yagoua et une autre unité de production basée à Maga.

Elle dispose également de près de 13 000 hectares hydro agricoles aménagés pour la culture du riz, dont 5 300 hectares à Yagoua irrigables par un système de pompage d’eau à partir du fleuve Logone, et de 6 200 hectares à Maga irrigables par un système de vannes gravitaires à partir du lac artificiel de Maga. Ces superficies, morcelées en parcelles, sont mises à la disposition des paysans pour exploitation. La SEMRY leur assure, entre autres, des prestations de labours, d’entretien du réseau, d’irrigation, et de mise à disposition des semences.

Le nombre de familles qui croit chaque année est estimé en moyenne à 20 000, donc à environ 200 000 âmes qui tirent leurs revenus directement de la riziculture.

A côté de la culture du riz, on constate aujourd’hui que d’autres activités se sont développées autour des installations de la SEMRY. On note, par exemple, la pêche dans le lac de Maga qui alimente la région en poisson, et l’élevage avec la disponibilité au cours de la saison sèche d’un pâturage dans la zone de décrue du même lac.

Et pour boucler ce tableau, l’on note une proportion non négligeable de commerçants de sacs vides, des intrants, du paddy et du riz blanc, de transporteurs, de décortiqueurs, de restaurateurs, de nombreux jeunes et femmes servant de main d’œuvre occasionnelle dans les rizières. La riziculture ici n’a pas son pareil en matière d’offre d’emplois et de devises. Elle est la seule activité de rente et toute la vie quotidienne tourne autour d’elle.

 

En plus des 13 000 hectares hydro agricoles aménagés, la SEMRY a construit sur la rive gauche du Logone, du village DJOGOIDI
à BEGUE PALAM une digue pour protéger les populations et les aménagements des effets des inondations et des crues du Logone. A son actif aussi, la construction d’une digue-barrage de 27 kilomètres de long qui a donné naissance au lac artificiel de Maga dont l’importance n’est plus à démontrer pour les populations riveraines de Pouss, Maga, Guirvidig et Kai-Kai pour la pêche, l’élevage, la culture des maraichers et autres. Pour assurer l’irrigation des rizières sur le périmètre rizicole de Yagoua, la SEMRY a réalisé la construction de quatre Stations de Pompage dotées de pompes d’irrigation électriques débitant chacune 780
litres d’eau par seconde.

Au plan industriel, on note la construction de trois unités d’usinage de paddy, respectivement sur les périmètres de Yagoua, Maga et Kousseri, d’un potentiel de transformation de près de 20 tonnes de riz à l’heure. A coté de ces unités de transformation, la SEMRY a construit des hangars de stockage et d’entrepôt de riz et des intrants.

Au plan social et économique, en plus des 20 000 familles que la société encadre chaque année, elle avait employé par le passé plus de 1 500 salariés. De même, elle a appuyé de manière substantielle la construction de plusieurs écoles et centres de santé dans les villages rizicoles.

Comme atout, elle dispose :

– D’un sol riche, adapté à la riziculture, exploitable pour d’autres activités reliées directement à la riziculture, avec possibilité d’extension du périmètre aménagé ;

– D’une population rizicole nombreuse et dynamique, estimée à près de 200 000 âmes  et qui maîtrisent de mieux en mieux les techniques culturales modernes ;

– Des variétés de riz de bonne qualité, les meilleurs actuellement sur le marché camerounais, et qui donnent des rendements de plus de 6 tonnes de paddy à l’hectare. Ce qui la place parmi les records d’Afrique. Grâce à cette performance, elle a pu produire 100 000 tonnes de paddy en 1985. Toutes proportions gardées, cette production pouvait couvrir les 2/3 des besoins nationaux en riz d’alors.

Cette période était marquée par de gros investissements et des moyens colossaux mobilisés par l’Etat au profit de la SEMRY. L’entreprise achetait toute la production aux paysans, la transformait et commercialisait le riz blanc.

Malheureusement, c’est au moment que la SEMRY a atteint ce niveau de production que la crise économique survient et va entrainer le gel de toutes les subventions de l’Etat.

Un autre fait et non des moindres, les impitoyables effets de la concurrence du riz de l’Asie du Sud-Est qui avait littéralement inondé le marché camerounais. Le riz de la SEMRY, alors peu subventionné, n’a pas pu tenir la côte sur le marché. Cette situation de mévente a entrainé pour la société des pertes de l’ordre de 3,5 milliards de FCFA.

La société va ainsi entrer dans une zone de turbulence et sombrer jusqu’en 1989 où sa fermeture a fortement été envisagée.

Le Gouvernement Camerounais et ses partenaires, dont la Coopération Française, vont tenter une bouée de sauvetage à travers un contrat dit de performance sur trois ans. Ce plan prévoyait :

–                     L’abandon du traitement industriel jugé trop onéreux et peu compétitif ;

–                     La fin du monopole d’achat de la production du paddy par la SEMRY ;

–                     Le transfert d’un certain nombre de fonctions, dont la commercialisation du paddy, aux paysans ;

–                     La diminution drastique des effectifs de 1 500 à moins de 400 personnes.

Malheureusement, le remède de cheval et la cure d’amaigrissement n’ont pas eu l’effet escompté. Le programme qui a pourtant bénéficié d’une prorogation de deux années, a pris fin en 1995 sans avoir résolu les problèmes de fond.

–                     Un périmètre rizicole non réhabilité avec des pistes hautement dégradées et un réseau d’irrigation très affaissé.

Un paysannat mal organisé et mal préparé à gérer les nouvelles responsabilités qui lui sont transférées, notamment dans le domaine de la commercialisation ;

–                     Une structure financière mal adaptée ;

–                     Un endettement non maitrisé.

Et avec le nouveau gel des subventions de l’Etat, la société s’est à nouveau retrouvée au bout du gouffre ; conséquences, On a assisté à :

–                     Des rapports très tendus avec le paysannat, à cause de la mauvaise qualité des prestations et de la dégradation du réseau ;

–                     D’importants arriérés de salaire ;

–                     Un endettement accru vis-à-vis des fournisseurs, de l’Etat et des organismes sociaux ;

–                     Un outil de travail très réduit, vétuste et dont la maintenance constitue un véritable gouffre financier.

La SEMRY n’a plus bonne presse auprès de l’opinion publique, des établissements financiers, de ces principaux fournisseurs et surtout des paysans riziculteurs.

Cette tension a eu son apogée en novembre 2006 avec des pertes humaines et matérielles importantes.

Face à cette situation, l’Etat, propriétaire de l’entreprise, va à nouveau prendre le taureau par les cornes. Il décidera de la recapitalisation de la SEMRY à travers une convention dénommée « contrat plan » sur trois ans qui sera prorogé par un avenant de deux ans, jusqu’en 2009.

Le contrat plan permettra une réhabilitation générale de la société. D’un autre côté, il assigne à la SEMRY des obligations d’efficacité, de productivité et de rentabilité. Dans cette mouvance, le Chef de l’Etat nommera un nouveau Directeur Général à la tête de la société.

L’Etat s’engage ainsi à mettre près de trois milliards de F CFA à la disposition de la SEMRY.

L’analyse du rapport du consultant et les propositions faites ont permis au comité techniques de réhabilitation des entreprises publiques de définir quelques priorités et les engagements de chaque partie pour permettre de relancer définitivement la riziculture

Comme priorité, la nouvelle équipe s’est attaquée aux goulots d’étranglement qui accentuent les difficultés d’irrigation. Et au cours de cette campagne de saison sèche 2008/2009, aucun cas de parcelle sinistrée n’a été décelé. Ce qui veut dire que les efforts ont été payants.

Ces engagements de la Direction Générale et des paysans, couplés aux efforts de l’Etat ont permis ainsi de booster la production du riz et de retrouver la sérénité au sein du paysannat.

En 2008, la SEMRY a pu produire 44 000 tonnes de paddy. En 2009, les prévisions font état de près de 100 000 tonnes. Et si les mêmes efforts sont maintenus, la production du riz pourrait atteindre facilement 200 000 tonnes de paddy par an dans les prochaines années.

Certes, l’Etat consent déjà des efforts louables qui peuvent permettre de lancer le train de l’opération de réhabilitation, mais relever le défi de la relance implique la disponibilité des moyens conséquents. L’ampleur de la tâche, l’obligation de respecter le calendrier cultural, la nécessité d’exécuter les tâches urgentes et autres, exigent que la société soit dotée de matériels en nombre suffisant : il s’agit des engins de labour, de génie civil et des pompes d’irrigation. Car, avec le niveau de moyens dont dispose la société aujourd’hui, l’on n’est pas bien loin du spectre de retour à la case départ. Pourtant, ce ne sont pas les ambitions qui manquent.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la tâche est immense et les défis restent énormes. Le plus grand défi est donc celui de la réhabilitation et de la diversification des cultures. Et dans cette opération, les tâches essentielles se résumeront à :

– Curer les canaux d’irrigation et les drains, colmater les brèches, pour assurer la maîtrise parfaite de l’eau afin de réduire la durée de l’irrigation, et donc le coût d’exploitation aussi bien au paysan qu’à la SEMRY. Et avec des pompes d’irrigation neuves en nombre suffisant, les pertes de temps seront réduites à leur simple expression.

– Conforter les digues de protection le long du Logone et du lac de Maga, afin de protéger les populations et les installations des effets des crues ;

– Aplanir les rizières, afin d’éliminer les points hauts et les points bas ;

– Réhabiliter le lac de Maga en proie à l’enlisement et à l’enherbement ;

– Assurer l’entretien des pistes pour permettre un bon accès aux parcelles, au transport des intrants et surtout à une évacuation rapide des récoltes ;

– Réparer les ouvrages affaissés ou détruits ;

– Détruire la broussaille qui a envahi le périmètre abandonné ;

– penser à la diversification des cultures.

On voit donc que trois ou quatre engins, fussent-ils neufs, ne peuvent pas assurer pleinement ces tâches.

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